"Le toucher"
L’argile se transforme au gré de pressions exercées par la main. La forme se module par petits coups répétés. Pas de surprise, contre la paume de la main, c’est un nu qui apparaît.
La sensibilité de ma main sait organiser le geste. L’argile, véritable partenaire, répond par sa douceur, son poids, sa plasticité. Attention subtile à chaque geste, les mains agissent également : l’une façonne, l’autre supporte. Je deviens ambidextre l’espace d’un instant. Le toucher prime, les mains ne sont alors plus censurées par les yeux. Presque à mon insu, j’entre dans une sorte de savoir-faire.
C’est une véritable promenade intérieure la création, une descente en aveugle au centre de la terre, sur fond de respiration paisible et de battements de cœur.
Paul
Valéry n’a-t-il pas écrit : « la
peau est ce qu’il y a de plus profond en l’homme » ?